« Traverser la rue » pour trouver un emploi

septembre 19, 2018 − De admin_trans − dans Infos − Pas de Commentaires

A l’Elysée, pendant les journées du patrimoine samedi dernier, le président Emmanuel Macron a suggéré à un jeune visiteur de « traverser la rue » pour trouver du travail. « Si vous êtes prêt et motivé, dans l’hôtellerie, les cafés et la restauration, dans le bâtiment, il n’y a pas un endroit où je vais où ils ne me disent pas qu’ils cherchent des gens. Pas un! Hôtels, cafés, restaurants, je traverse la rue, je vous en trouve ! » avait déclaré le chef de l’Etat.
Des propos qui étonnent voire blessent les chômeurs mosellans interrogés mardi, lors d’un forum de l’emploi à l’hôtel de ville de Metz. « C’est de la connerie parce que pour trouver du travail il faut courir à droite et à gauche, ce n’est pas facile », explique Elisabeth. Elle était d’ailleurs employée dans la restauration mais sa condition physique l’empêche de continuer. « J’aurais trouvé depuis longtemps alors », ironise Christophe. Jamel. Lui, est dépité : « c’est facile à dire mais difficile à faire. Je dépose des CV et on ne me rappelle pas ».

Une réalité plus complexe pour les chômeurs et pour les employeurs

Ce qui coince souvent de leurs candidatures, c’est l’absence de permis ou de voiture. Christophe Ambrosini dirige Trans’Boulot : ses chauffeurs emmènent les salariés sans moyen de locomotion sur leur lieu de travail. « Je suis dans l’insertion depuis une vingtaine d’années et si c’était aussi simple, ça se saurait », affirme le directeur. « On a des gens prêts à aller travailler, mais une prise de poste à 4 heures du matin à 30 km de chez soi, si Trans’Boulot n’est pas là, il n’y a aucune solution ».

« J’invite toutes les personnes qui arrivent à trouver du travail en traversant la rue à venir nous rencontrer », s’amuse Laurent Hennig, accompagnateur socio-professionnel chez Emmaüs à Peltre. Il recherche en urgence des chauffeurs, des agents de tri textile et des manutentionnaires. « C’est beaucoup plus complexe que ça.
Chaque personne a ses spécificités et nous, au moins, on les prend en compte » – Laurent Hennig, accompagnateur socio-professionnel chez Emmaüs

Interview France Bleu le 19/09/2018